Permaculture forestière
Permaculture et forêt nourricière
En permaculture, lorsque nous concevons une forêt nourricière, notre objectif est de créer et de maximiser les relations de collaboration entre toutes les composantes vivantes que nous introduisons dans une même aire de culture, afin d’obtenir un système de croissance végétale optimisé. Dans ce cas, les végétaux sont implantés, la plupart du temps, sur un terrain agricole ou une friche herbacée dont le sol a été soigneusement préparé: labourage, hersage ou toile d’occultation.
La forêt nourricière est judicieusement planifiée et entièrement construite par l’humain. Elle résulte uniquement de Cultures.
Une forêt nourricière se schématise ainsi:
Forêt Nourricière = Comestibles + Végétaux médicinaux + Végétaux utilitaires (fixateurs d’azote, pollinisateurs, etc.)
La permaculture forestière: un pas de danse avec la Nature
En permaculture forestière, notre objectif sera de favoriser les relations de collaboration entre les cultures que nous désirons introduire dans un écosystème naturel et les végétaux indigènes présents dans celui-ci.
Un projet réalisé en permaculture forestière sera la résultante d’une coopération à se construire entre des végétaux issus de Cultures et des végétaux indigènes, issus de la Nature.
L’objectif d’un projet de permaculture forestière: Travailler davantage avec des végétaux ayant une parfaite adéquation avec l’écosystème naturel dont ils sont issus.
Le cas d’une trouée forestière
Prenons l’exemple éclairant d’une coupe par trouées forestières. Dans ce type d’écosystème en phase de régénération, il est fréquent de constater, après quelques années seulement, une grande diversité végétale : plantes comestibles, médicinales, ainsi qu’une variété de végétaux utilitaires (comme les pollinisateurs, les plantes servant à la défense de nos futures implantations, la framboise rouge ou la ronce des Alléghanies pour exemple), sans oublier la régénération naturelle de la forêt.
Un cocktail très riche, indigène et parfaitement adapté à l’écosystème naturel dans lequel ils apparaissent.
Introduire une forêt nourricière dans un tel milieu nous oblige à repenser nos pratiques.
Une approche sans débroussaillage systématique
La pratique habituelle pour introduire une forêt nourricière dans ce type d’écosystème aurait été de tout débroussailler pour faire place à nos cultures. Nous avons privilégié une autre avenue, une autre lecture terrain, en concevant une carte écologique du parterre de coupe. Cette relecture nous a permis de regrouper les différents végétaux présents par secteur, en fonction du rôle qu’ils pourraient jouer dans l’ingénierie naturelle de la future forêt nourricière.
Sur la carte réalisée à partir de notre inventaire, nous avons localisé deux zones de culture de comestibles, désignées ACM-1 et ACM-2. Elles rassemblent des végétaux introduits selon le souhait du client et selon leur compatibilité écologique avec le milieu hôte.
À côté de ces zones, nous avons défini d’autres espaces — AVI-1 à AVI-4 — appelés aires aménagées de végétaux indigènes. Ces aires regroupent des plantes comestibles, médicinales et auxiliaires qui seront appelées à jouer un rôle fonctionnel ou complémentaire dans la forêt nourricière. AVI-1 à AVI-4 seront aménagées selon des objectifs précis pouvant évoluer dans le temps selon les besoins de ACM-1 et ACM-2.
Ainsi, la forêt nourricière prend la forme suivante:
Forêt Nourricière = ACM-1 + ACM-2 +AVI-1 +AVI-2+AVI-3+AVI-4
Le cas du ginseng à cinq folioles
Ce second exemple illustre parfaitement la cohabitation harmonieuse possible et souhaitée entre les plantes sauvages et les cultures introduites.
Lors du choix d’un emplacement pour semer le ginseng dans une érablière sucrière, il est préférable que les espèces végétales déjà présentes dans l’écosystème hôte— herbacées, arbustes et arbres — se rapprochent le plus possible de celles qui accompagnent naturellement le ginseng à cinq folioles indigène dans son habitat naturel.
Plus le nombre de ces plantes compagnes (celles que l’on retrouve dans l’environnement naturel du ginseng) est élevé dans l’érablière hôte, plus l’humus du sol — issu de la décomposition de la matière organique — sera propice au développement du ginseng. Cette richesse végétale favorise également la mise en place de réseaux souterrains d’échanges entre les différentes espèces présentes.
Conserver et aménager ces plantes accompagnatrices est donc de la plus haute importante pour assurer le succès de ces cultures.
Gérer la Nature et les Cultures: un équilibre entre les forces Yin et Yang?
Cette approche innovante représente, nous le souhaitons un équilibre entre deux forces aux tendances opposées.
La première, dite intrusive, correspond au désir humain d’introduire des végétaux choisis dans un écosystème naturel. C’est l’approche de toujours.
La seconde, dite réceptive, consiste à reconnaître et à intégrer ce que l’écosystème nous offre. Avec un grand oui.
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