POUR UNE ACTION COMBINÉE: SYLVICULTURE ET PRODUCTIONS NOURRICIÈRES.

POUR UNE ACTION COMBINÉE: SYLVICULTURE ET PRODUCTIONS NOURRICIÈRES.

Depuis plusieurs années, le Chêne aux pieds bleus, par son approche appelée Écoforesterie, propose aux Québécois des alternatives à l’aménagement forestier traditionnel. Jusqu’à tout récemment nos propositions forestières étaient essentiellement concentrées autour de la mise en place de jardins forestiers au sein de forêts naturelles ou de plantations : introduction de cultures nourricières ou bonification de produits forestiers non ligneux déjà en place.

Nous sommes maintenant fiers et prêts à élargir encore les possibilités initiées par nos travaux antérieurs et à proposer enfin aux Québécois et Québécoises une approche combinant sylviculture et productions nourricières.

 

Traitements sylvicoles et potentiel nourricier

Un traitement sylvicole est une intervention qui a comme objectif de diriger le développement d’un peuplement forestier. Il vise généralement soit son renouvellement, soit l’augmentation de son rendement. Son intervention est surtout orientée vers la strate végétale supérieure: celle constituée par les arbres.

Les traitements sylvicoles peuvent être classés en trois catégories: les traitements favorisant la régénération naturelle, les traitements de régénération artificielle et les traitements d’éducation.

Le potentiel nourricier d’un écosystème forestier représente la capacité d’une forêt naturelle à accueillir un jardin forestier. Cela peut se traduire par la présence en sous-bois de PFNL intéressants, qu’il suffit de bonifier ou par la possibilité d’y introduire des cultures importées de comestibles ou de végétaux médicinaux.

Dans un écosystème en régénération avancée, nous considérons le potentiel nourricier de celui-ci en fonction des PFNL présents et de la possibilité de développer ce potentiel en jardin forestier.

Par extension, nous pourrions estimer le potentiel nourricier d’un écosystème mature, en fonction de la possibilité  qu’il offre, de stimuler l’émergence spontanée de PFNL gastronomiques: framboises, bleuets, noisetier à long bec… par le biais de coupes de superficie contrôlée.

C’est en évaluant le potentiel nourricier de l’écosystème forestier et en le comparant au traitement sylvicole  correspondant au stade évolutif de la forêt que nous pouvons  juger de la possibilité de les voir converger vers un tout harmonieux. Selon les écosystèmes forestiers, plusieurs scénarios d’aménagement peuvent être élaborés.

Quoi qu’il en soit, une stratégie d’intervention bien menée, visant la mise en valeur combinée du bois et du potentiel nourricier doit tenir compte de l’ensemble du développement des strates végétales: les arbres, les arbustes, les plantes herbacées et les champignons sauvages, sans oublier la régénération du peuplement forestier.

Pour ceux et celles qui sont intéressés par cette approche, Le Chêne aux pieds bleus est à mettre au point un nouvel outil en aménagement écoforestier: le plan d’intervention en sylviculture et productions nourricières.

 

Mycosylviculture: un exemple de productions combinées

La mycosylviculture désigne l’ensemble des interventions dans un écosystème forestier visant à la fois une production optimisée de champignons symbiotes gastronomiques et de bois de qualité.

Nous savons depuis plusieurs années que les champignons gastronomiques les plus recherchés (cèpes, lactaires délicieux, chanterelles communes entre autres) fructifient davantage dans des peuplements aménagés et éclaircis. La mycosylviculture fait appel aux outils traditionnels de la sylviculture, mais la lecture écosystémique qu’elle requiert, inclut les relations mycorhiziennes qui unissent les champignons symbiotes présents à la strate végétale supérieure que l’on s’apprête à aménager.

À ce stade, il est important de connaître la nature des relations symbiotiques qui solidarisent par les racines, les arbres et les champignons présents dans la forêt, de même que l’écologie des symbiotes qui sont visés par nos travaux.

Ces précieuses informations vont venir s’ajouter et modifier la prescription sylvicole initiale de plusieurs façons, notamment:

  • pour un traitement d’éducation, elles vont influencer le choix des espèces à préserver, le pourcentage de prélèvement des arbres et la structure finale de la forêt;
  • lors de travaux de reboisement, elles vont diriger  le choix des espèces à implanter en vue de créer la biodiversité nécessaire à d’abondantes fructifications…

Pour plus d’informations sur notre nouveau Plan d’intervention en sylviculture et productions nourricières ou encore, sur nos avancées en mycosylviculture, nous vous invitons cordialement à nous contacter.

Merci de votre précieuse attention.

Daniel Lachance, ingénieur forestier

Consultant en Écoforesterie, Permaculture végétale et Agroforesterie naturelle