Réhabiliter nos plantations par la culture de champignons symbiotes

Réhabiliter nos plantations par la culture de champignons symbiotes

Paysage désolant, boudé par le chant des oiseaux…
Paysage désolé, au design de deux par quatre…       

Le modèle sur lequel repose l’aménagement forestier au Québec a été élaboré par le gouvernement en fonction des besoins en matière ligneuse de l’industrie forestière, notamment celle du sciage. Au cours des années 80, fort d’une volonté sans précédent d’aménager la forêt québécoise, le gouvernement du Québec a mis en place une politique de reboisement intensive au cours de laquelle, nous avons vu apparaître des plantations d’épinettes un peu partout autour de nous… notamment dans les friches herbacées et arbustives, dont il sera question aujourd’hui…

Ces plantations ont été pensées en fonction de la croissance exclusive des arbres: tous les efforts de l’écosystème pour contribuer à son équilibre naturel par ses forces agissantes seront vite annihilés par le biais de coupes répétées que l’on nomme dégagement, éclaircie précommerciale et éclaircie commerciale.

Nous nous retrouvons au final, avec une plantation d’arbres exclusivement composés de l’essence désirée commercialement, le plus souvent sans arbuste et sans herbacée… un désert végétal sous la canopée dominante, comme en témoigne la photographie à la une… 

De l’agriculture qui l’a précédée jusqu’à sa coupe finale et son aboutissement au moulin à scie, nous constatons de cette forêt artificielle un appauvrissement graduel de l’écosystème hôte…

Q’aurait donné ce même écosystème, ici la friche herbacée, sous l’action des forces agissantes ?

Déjà reposant sur un sol appauvri par les bons soins d’une agriculture intensive,  la friche herbacée aurait évoluée naturellement suivant une série de successions végétales, passant de la strate herbacée basse, à la strate herbacée haute, puis par la strate arbustive, pour arriver à un premier stade dit pionnier de la strate arborée, et aboutir à une forêt dite climatique, son stade évolutif final…

Chacune des strates végétales successive nourrissant et structurant le sol de plus en plus en profondeur… les forces agissantes se déployant… créant un écosystème de plus en plus complexe, multipliant les niches écologiques, favorisant la biodiversité… créant des liens forts et des échanges dynamiques dans la communauté végétale, tout en assurant le renforcement global de l’écosystème…

Et dans la plantation … 

Même dans une plantation déjà appauvrie en biodiversité par nos efforts, les forces agissantes de l’écosystème travaillerons à créer des liens dans la communauté végétale au niveau du système racinaire des arbres… Elles créeront l’appel mycorhizien… Lactaires, Chanterelles, Bolets seront invités, pour notre plus grand plaisir, à venir s’associer discrètement aux systèmes racinaires des arbres plantés… favorisant encore ici la biodiversité et l’enrichissement global de l’écosystème…

Cet effort des forces agissantes de la nature pour recréer des liens dans la communauté végétale pourrait être considéré comme une force de réhabilitation naturelle de l’écosystème. Dans le sens de réparation…

La permaculture végétale pour réhabiliter nos plantations conifériennes

Toutes interventions dans un écosystème, devraient aboutir à son enrichissement global et à celui des communautés qui y vivent. Pour intervenir dans un écosystème comme celui qui nous concerne et favoriser sa réhabilitation par la permaculture végétale, nos interventions devront répondre à certains critères, à savoir:

  1. travailler avec les forces agissantes de l’écosystème, de manière à reconstruire un nouvel équilibre écosystémique;
  2. être parfaitement intégrées à l’écosystème hôte, ce qui nécessite une lecture terrain en profondeur;
  3. être multifonctionnelles… chaque espèce introduite devant répondre à plus d’une fonction dans l’écosystème;
  4. favoriser la biodiversité végétale;
  5. créer des niches écologiques multiples: c’est de la vie que l’on veut;
  6. et surtout, soutenir l’ensemble de l’écosystème…

La culture de champignons symbiotes pour aller dans le sens du processus naturel de réhabilitation…

Parmi tous les interventions possibles que nous pourrions envisager dans une plantation de conifères, entendue sur friche, la culture de champignons symbiotes représente indéniablement mon premier choix; elle représente, à coup sûr, une avenue à explorer à la fois pour amorcer ou pour accélérer une réhabilitation écosystémique déjà entamée naturellement, mais surtout pour y produire des comestibles gastronomiques de grandes qualités …

Il existe plusieurs méthodes pour introduire des champignons symbiotes, mais quelle que soit celle qui sera retenue, son succès repose sur trois critères principaux : la qualité de la lecture terrain de l’écosystème hôte, le choix des bons arbres à inoculer et la connaissance de l’écologie des champignons comestibles  à introduire…

J’arrête ici…

Voici pour terminer mon article, les étapes que je propose, pour établir un jardin forestier basé sur la culture de champignons symbiotes pour une plantation de conifères, entendue sur friche: 

  1. structuration du sous-bois afin de stimuler l’emprise du mycélium à introduire;
  2. favoriser l’accueil naturel d’arbustes hôtes ciblés, ou voir à les introduire, pour favoriser, encore ici, l’emprise du mycélium à introduire;
  3. importation du ou des champignons symbiotes par épandage d’un concentré de spores ou par dépôts de fructifications; 
  4. et pour compléter le design: introduction de comestibles et/ou de végétaux médicinaux en accord avec les conditions écosystémiques du milieu.

Pour ceux qui s’intéressent à cette approche et qui possèdent une ou des plantations composées de l’une ou l’autre des espèces suivantes: épinettes blanches, noires ou de Norvège, pins rouges ou gris, ou encore de mélèzes laricins, en monoculture ou mixte, dont l’origine est sur friche herbacée ou arbustive, nous vous invitons à nous contacter…  La première rencontre est gratuite…

Prêtez bien l’oreille. J’entends déjà le retour des oiseaux…

Merci de votre précieuse attention…

Daniel Lachance, fondateur du Chêne aux pieds bleus

450.421.4862

info@lecheneauxpiedsbleus.com

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En bref

C’est le bon moment pour amorcer les inventaires de reconnaissance écoforestiers avec ou sans Plan d’intervention écoforestier en permaculture végétale… Cliquez ici pour plus de détails. 

Subventions disponibles.

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Nous amorcerons bientôt nos inventaires de produits forestiers non ligneux; trois types de plans de cueillettes vous sont proposés: bioalimentaires, végétaux médicinaux et champignons sauvages. Cliquez ici pour plus détails. 

Subventions disponibles. 

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Nous nous déplaçons à peu près partout au Québec… Informez-vous…